Un beau dimanche de mai…

Hommage à ma grand-mère Marie …

La fiancée des anges

« Lentement jusqu’à l’autel glisse sa robe blanche, le temps s’est suspendu comme pour sceller les fiançailles d’un ange…

Portée par un souffle divin, l’enfant chérie s’échappe, vers un autre ciel, un autre destin. Elle porte en elle les promesses sages des grands jours, quand les fleurs sont belles aux premiers mois de mai et que courent sur les lèvres les pieux serments d’amour.

Lentement jusqu’à l’autel glissent ses yeux de miel…

Ses boucles emprisonnées sous les fleurs d’oranger éclairent son visage, d’une candeur solennelle. Un voile de mystère descend de l’infini pour couronner Marie d’une lumière bénie et les vents amoureux déposent sur sa tête une tiare de nuages aux nacres somptueuses. »

« La fiancée des anges » écrit par MOINE Corinne

*Montage photographique « effet vintage » réalisé avec archives authentiques (Chapelet 1930/Cachet de communion en couleur 1927/Photo communiante 1930)


Histoire solennelle

Jusqu’en 1910, tous les enfants âgés de 12 ans en moyenne, accomplissaient collectivement une fois par année leur première communion. Qualifiée de solennelle, cette cérémonie unique marqua son époque… Les prêtres Adrien Bourdoise (1583/1655) et Saint Vincent-de-Paul (1576/1660) décidèrent conjointement de son caractère fastueux, une idée qui aura de l’avenir ! Le 8 août 1910, le pape Pie X imposa le principe de première communion vers l’âge de 7/8ans, l’ancienne cérémonie fut maintenue en tant que « communion solennelle ». L’Église des années 1960 exigera l’aube comme tenue liturgique, gommant au passage la magnificence de cette tradition exceptionnelle.

*L’origine religieuse de la communion remonterait à 1215 (Concile de Latran IV)


Processions mémorables

Rite initiatique, passage obligé marquant la fin de l’enfance… Qu’importe les mots qui nous viennent à l’esprit pour qualifier cette tradition mémorable. Derrière ces processions solennelles marquant l’apogée d’un autre temps, se devinent des pleurs, des rires, des familles aimantes, des mois de sacrifices et d’organisation millimétrée pour voir aboutir le faste d’une seule journée dont le souvenir demeurera à jamais impérissable.


Catéchisme en images

Le curé occupait une position phare dans son village, il veillait au respect des coutumes religieuses…

*Les chrétiens qui désertaient les bancs de l’église pour l’auberge payaient une amende -Ain/1790-

Orateur hors-pair du fait de son érudition ( à partir du XVIII e siècle école secondaire puis séminaire), il pratiquait l’instruction scolaire autant que l’exorcisme ! L’enseignement du catéchisme se déroulait à la sacristie sous sa houlette, peu de pédagogie pour l’époque, les enfants apprenaient par cœur les versets en latin ! Les images qui illustraient le livret de catéchisme transposaient des messages bibliques « forts » !

Les communiants/tes demeuraient à jeun « depuis la veille », l’hostie (eucharistie) étant par définition la seule prise d’aliment de la journée ! Vous imaginez aisément que certains pris sous le coup des émotions se trouvèrent en fâcheuse situation ! Cette pratique religieuse « puriste » fut interdite en 1957.

Pour forger les esprits récalcitrants, quelques ecclésiastiques habités par une morale rigoriste, étayaient cette imagerie religieuse d’histoires de maléfices et de prodiges divins ! Par crainte de punitions les enfants mémorisaient méthodiquement ces principes sans rechigner ! D’autres dispersés par autant de litanies se voyaient contraints à des blâmes voire même à des châtiments corporels…

« Qui aime bien, châtie bien ! »

Beaucoup de ces histoires anciennes aux détours « traumatiques » passèrent sous silence, les parents craignant les foudres des autorités cléricales ! L’école étant majoritairement chapeautée par l’Église jusqu’à sa laïcisation (loi Jules Ferry 28 mars 1882), l’apprentissage de la lecture s’opérait avec le manuel de catéchisme ou des ouvrages supervisés par des ecclésiastiques.

Cette méthode d’instruction sur fond de religiosité, régenta pour une bonne partie, toutes les facettes de vie sociale de nos aïeux et ceci dès l’enfance…

Nota Bene : La loi Jules Ferry du 16/06/1881 imposa l’enseignement public gratuit obligatoire de 6 à 13 ans, le jeudi fut alors déclaré jour de repos pour permettre aux enfants de poursuivre le catéchisme.

“Catéchisme en images”, une pédagogie par le sensible ? (openedition.org)

Gravure « L’Eucharistie » Bouasse-Lebel -Collection personnelle- La religion en tableauxLivre de catéchisme 1881 ayant appartenu à Mademoiselle Serpollet Marie.

Précis de géographie de l’Abbé Gaultier 1856Collection personnelle-


Coutumes religieuses

Après quatre longues années d’apprentissage assidu du catéchisme, les enfants obtenaient un certificat d’instruction religieuse/dés 1910/examen noté. Le curé de la paroisse organisait l’ordre du défilé processionnel en fonction des résultats. Quoi de plus normal que de voir s’enorgueillir les parents du/de la communiant/te qui ouvrait la marche du cortège* !

Après la cérémonie l’assemblée se requinquait autour d’une collation gracieusement offerte par les parents de l’enfant honoré par sa première place** ! Les familles qui n’avaient guère les moyens de contribuer à cette agape collective, trouvèrent la parade en exigeant de leur rejeton qu’il ne soit pas le premier, en ratant quelques questions à l’examen !

L’enfant de petite taille était habilement remarqué par un cierge imposant !

Ces anecdotes nous font sourire aujourd’hui mais elles nous démontrent combien les parents faisaient preuve de bienveillance en ce jour si particulier.

*Les filles et les garçons étaient séparés dans le cortège

**Dés 1912 concours entre divers cantons et récompenses

Le mois de mai traditionnellement consacré à La Vierge Marie chez les pratiquants catholiques est encore « de nos jours » dédié aux cérémonies de baptêmes et de communions.


#Tenue de la jeune fille

Dès 1830, la robe de mousseline blanche de la communiante apparait en tous points semblable à une robe de mariée : une mise en lumière « mariale* » pour cette jeune fille qui faisait « symboliquement » son entrée dans le monde… Bien que le voile signifiait la pureté à l’image de la Vierge Marie, certaines superstitions anciennes lui conféraient une protection contre les forces occultes. Une couronne composée d’un chapelet de roses auréolait sa tête, les gants blancs en filet de crochet peaufinaient cette sublime toilette… Dans l’aumônière attachée à la ceinture les parents glissaient les pièces nécessaire à la quête. Parfois, la robe de communiante d’une maman ou d’une sœur ainée se transmettait, un héritage émouvant que la demoiselle endossait avec un soupçon d’orgueil, puisqu’à son tour elle franchissait une étape cruciale dans sa vie. (je tiens cette anecdote de ma grand-mère). Hormis la passation générationnelle inscrite dans les coutumes de quelques familles pieuses, on peut y voir aussi la culture de la durabilité fortement ancrée dans les mentalités rurales. Nous retrouvons une pratique similaire pour la robe de mariée, que les jeunes filles d’une même fratrie se partageaient à quelques mois/années d’intervalle…

*Liée au culte de la Vierge Marie

**Le chapelet et le missel étaient généralement offerts par les parrains/marraines


#Tenue du jeune garçon

Le communiant étrennait pour l’occasion, son premier costume*, le pantacourt sera souvent plébiscité par les parents : moins formel pour un jeune garçon… Fixé au bras gauche, le brassard se caractérisait par un gros nœud blanc prolongé de deux pans distincts, de longues franges de fils de coton/soie embellissaient l’ouvrage. Après la cérémonie le brassard s’offrait aux parrains/marraines ou on le déposait à l’église comme objet de dévotion « ex-voto ».

*Le costume est imposé dès 1842


Objets liturgiques

#Chapelet fleuri !

Au Moyen Âge un chapelet (chapel/chapeau) désignait une couronne de fleurs dont les jeunes filles se couvraient la tête lors des célébrations solennelles. Par la suite le nom de chapelet prit une connotation religieuse en analogie aux couronnes enguirlandées de roses coiffant les statues de la Vierge Marie. Si les grains de bois montés en guirlande remplacèrent les roses, prier avec le chapelet garda ce symbolisme fort de la fleur offerte à la Vierge. Ces prières successives dédiées à Marie se nommèrent « rosaire ». La couronne de communiante renvoyait au couronnement de la Vierge Marie au ciel : le cinquième mystère glorieux du Rosaire*. Il faut remonter au XIIe siècle, pour trouver traces des premiers chapelets chez les moines cisterciens qui confectionnaient un nœud à une corde cintrée à leur taille après chaque prière.

Vous remarquerez que dans cette œuvre exceptionnelle « Le Matin de la Fête-Dieu » (1857) de Ferdinand Georg Waldmüller, les jeunes filles sont coiffées d’un chapelet de roses.Source Whikipédia-

*Le Rosaire est composé d’un groupe de 4 mystères comprenant chacun 5 sous-catégories : Mystères Joyeux/ Mystères Lumineux/Mystères Douloureux/ Mystères Glorieux., un jour précis de la semaine est dédié à chacune de ces méditations.

#L’Orfèvre du bon Dieu !

Il faut remonter au Moyen Âge pour trouver trace d’un artisan unique en son genre : le patenôtrier que je qualifierais d’orfèvre du bon Dieu ! Dans l’intimité secrète de son atelier, le patenôtrier enfile et emboite mailles, perles d’ambre, de jais, de corail ou de nacre. Ainsi naît entre ses mains vertueuses un objet de piété qui traversera le temps : le chapelet. Un savoir-faire nécessitant pour l’époque un apprentissage rigoureux dès l’âge de douze ans afin d’en assimiler les techniques d’art, les us et coutumes très codifiées. Cinq ans d’apprentissage pour maitriser le travail de l’or, dix pour le jais, douze pour le corail… Pourquoi me direz-vous ? Et bien, il faut savoir que la confrérie des patenôtriers se divisait en quatre corporations distinctes, chacune spécialisée dans la transformation d’un matériau précieux ou semi-précieux. Pour exemple le patenôtrier-émailleur fabriquait diverses pâtes qu’il moulait, teignait pour imiter la finesse de la perle ou la préciosité de l’ambre, du jais... Des artisans qui respectaient aussi les règles imposées par l’Église, (obligation de cesser le travail la veille des fêtes religieuses). Au fil des siècles, le patenôtrier s’adapta aux courants liturgiques de son temps, mais le chapelet garda son symbolisme spirituel fort. Puis le bois fit son apparition (buis/olivier/ébène), le savoir-faire de l’artisan resta inchangé, manipulant avec une aisance déconcertante des outils aussi rudimentaires que le burin et la lime afin de sculpter les grains des chapelets nommés rosaires. (On utilisait les graines de l’arbre Melia azedarach d’ailleurs, arbre qui depuis a gardé le nom d’arbre à chapelets ! ). Un chapelet possédant la particularité d’être composé de 15 grains, pour s’égrener dés la fin du XVe siècle avec la prière du rosaire institué par le Dominicain breton Alain de La Roche. L’origine du nom « patenôtrier » est tiré du latin « Pater noster » « Notre Père » ou « patenôtre », nom qui doit son origine aux gros grains composant les chapelets. En effet, lors de la « prière », on interrompait les « avé » petits grains pour prononcer le « pater » sur les gros grains. Vous trouverez ci-après en cliquant le lien un tableau récapitulatif de chapelets variés, le chapelet de Marie restant le plus courant… Cet illustre objet de piété demeure un accessoire fidèle de dévotion pour les croyants, ma grand-mère reçut son premier chapelet lors de sa communion. En France ce métier d’art n’existe plus cependant et à ma grande surprise dans certains monastères des religieuses/religieux confectionnent/réparent encore des chapelets (héritage de famille) avec le geste ancestral du patenôtrier, perpétuant ainsi une tradition séculaire oubliée.

Composition des différents types de chapelets : ici


# Superstition de grand-mère !

Maints tabous auréolent les objets de piété « faute aux innombrables croyances erronées transmises par nos anciens » ! Ma grand-mère croyait qu’un chapelet cassé**portait malheur car sa bénédiction s’en trouvait rompue, il s’agirait d’une superstition non fondée ! Toutefois, il est à noter qu’un certain protocole entourait/entoure encore les chapelets (++tout objet de piété en règle générale chez les catholiques), ils ne devaient/doivent pas être fabriqués avec des matériaux fragiles, d’où le savoir-faire unique du patenôtrier.

**Le chapelet cassé et qui n’a perdu que quatre ou cinq grains reste béni. (Congrégation des indulgences -10 janvier 1839-)


#Ciel mon missel !

D’un point de vue pratique le missel, condensait à lui seul toutes les pièces essentielles à la célébration des messes ou événements religieux itinérants. Il ne s’agissait aucunement d’une « bible miniature », mais d’un ouvrage liturgique résumant « versets/prières/etc ». Chaque diocèse décidait de sa propre mise en page/contenu/couverture/illustration etc, ce qui explique les nombreuses versions anciennes en circulation. Les premiers missels attestés appartiennent au VIIIe siècle… lors des pèlerinages, le format peu encombrant de ce livre de messe facilitait son rangement.


# Chaise à prière

Le prie-Dieu « chaise à prière » était autrefois exclusivement réservé aux notables… Une plaque émaillée vissée au dos notifiait son propriétaire, un marqueur social fort même dans la sphère religieuse ! Les paroissiens « de condition modeste » s’agenouillaient sur le sol. La coutume voulait que le portrait du communiants/tes soit réalisé avec le prie-Dieu, ces chaises souvent très ouvragées ajoutaient une note de prestige à la photographie, d’autre part elles contribuèrent à prendre plus d’aisance durant la pose !


Mémoire de dentelles

Magnifiques photos « dentelle » époque 1930, relatant une de nos plus belles coutumes religieuses vécues par nos grands-parents et arrière grands-parents.

*Cliquez les photos pour les agrandir afin d’observer les détails des tenues et des accessoires.


Imagerie religieuse

#Les images pieuses

Les images pieuses échangées entre communiants/tes se glissaient parmi les pages du missel en souvenir des moments partagés avec les cousins/cousines ou amis/amies proches.

Nom de l’intéressé/ée, date et lieu de la cérémonie figuraient au dos.

Les canivets (1890/1914) au contour de papier dentelle, furent majoritairement édités par La Maison Bouasse-Lebel & Cie, cependant le nom de canivet est tronqué car aux XVII /XVIII è siècles, dans la confidence des cloîtres des religieuses peignaient déjà des images pieuses à la délicate bordure de papier ajouré. Des ciselures réalisées avec un petit canif tranchant « canivet » (origine nominale de cette image)* qui mettaient en valeur des personnages bibliques.

*Ces images appelées autrefois « découpures », changèrent d’appellation « canivet » vers la fin du 19e siècle.

Au milieu du  XIX è siècle, un grand nombre d’images imitant ces canivets originels feront leur apparition dans l’imagerie religieuse mais si l’estampe centrale s’imprimait encore manuellement avec la technique de l’empreinte (imprimerie), la dentelle sera « plus tard » fabriquée par un procédè mécanique novateur : technique du gaufrage par perforation.

Il est donc plus adéquat de requalifier ces images « reproduites » comme « images dentelle »

Les images pieuses s’adaptèrent aux modes de leurs époques : agrémentées de fleurs en tissu, de cotonnade, en cellophane ( remplaçant les images en feuilles de gélatine). Il n’est pas rare d’en retrouver quelques exemplaires cachés dans leur missel d’origine, elles sont très recherchées par les collectionneurs .

*Image « dentelle » 1925 -Collection personnelle

Cliquez l’image pour l’agrandir

*Pour accéder à l’historique complet des images pieuses cliquez : ici

 « Je me rappelle le jour de ma communion « solennelle » c’était le 26 mai 1963 à l’église de Bellegarde. C’est vrai que j’avais l’impression d’un mariage ! J’ai encore le missel aux pages dorées et toutes les images que l’on s’échangeait entre nous. » Marie Claire Caddet


#Le cachet de communion

Lors de l’accomplissement de la communion les enfants recevaient du curé de leur paroisse, un « cachet de communion » : un diplôme se présentant sous la forme d’une lithographie.

Ainsi on se rappelait ce jour mémorable en l’accrochant dans sa chambre..

Les premiers cachets de communion datent de 1750.

Beaucoup furent imprimés par la prestigieuse maison Bouasse-Lebel Paris, un haut lieu de l’imagerie religieuse dirigé de 1845 à 1865 par Eulalie femme imprimeur talentueuse (elle tenait cette vocation de son père imprimeur à Versailles).

Ces lithographies au riche décor scénarisaient des communiants/tes et des ecclésiastiques autour d’un autel.

D’abord monochromes, ces cachets évoluèrent vers la couleur avec les avancées technologiques de l’imprimerie. La production périclita à partir des années 1930/1939, détrônée par les premières petites images pieuses qui émergèrent début 1850.

Il est encore possible de chiner de beaux exemplaires comme ceux-ci d’ailleurs…

Sur le cachet datant de 1889, vous pouvez admirer la finesse des détails du décor « or », l’écriture à la plume encore visible nous dévoile le nom de la communiante. Le deuxième plus ancien revêt nombre de symboles : une guirlande de feuilles de vigne/raisins/cruches encadre la scène religieuse, il s’agit d’une analogie à la fécondité terrestre et spirituelle.


Bocquin Caroline 1889
Cottard Pierrette 1848

Cliquez les images pour agrandir


Conclusion

L’Histoire n’est pas toujours plaisante ni complaisante, lorsqu’elle se dévoile sous des aspects que nous aimerions bien occulter… Derrière ces portraits d’enfants, se cachent aussi des silences douloureux, des chemins de croix parsemés d’embûches et d’injustices, des questions pour toujours restées sans réponses… Mes grands-parents maternels nés aux alentours de 1897, furent le fruit de cette éducation moraliste, nourris dés l’enfance de coutumes et de préceptes religieux… Par bonheur les mots pieux de ma grand-mère ont toujours éclairé ma route d’un amour bienveillant, aujourd’hui je suis riche de cette mémoire d’un autre temps…

Bibliographie

*Cairn.info : Catéchèse et instruction religieuse en France depuis le XIXe siècle | Cairn.info

*http://histoire-des-images-pieuses-canivets.e-monsite.com/pages/categories-d-images.html

*Wikipédia : Communion solennelle

*Tous les documents sont authentiques est proviennent de ma collection personnelle

*Article rectifié le 18 mai 2021 suite nouvelles recherches historiques.

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est le-saule-et-leglantine_logo-3.png.

Rédaction/Moine Corinne

*Les photos estampillées LS&L sont soumises à des droits d’auteur.

*Les textes sont l’entière propriété intellectuelle de la rédactrice.

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