Mots d’hiver
Entrelacs de givre et de poésie...
lire la suite de l'article
Au matin, la tiédeur campagnarde exhale le parfum miellé du vieux grenier assoupi dans mes souvenirs de petite fille…
La porte s’ouvre sur mon livre de chevet, dont la page écornée me ramène sans cesse vers ces lignes choyées empreintes de bonheurs touchants.
Ainsi, je débarque au seuil de mon passé en sandalettes avec ma candeur enfantine, mon sourire moqueur et mes boucles blondes…
Sur la nappe au lin grossier, mes tartines dégoulinent de beurre frais et de l’amour de grands-parents attentionnés.
Le lait fumant clapote dans mon bol, tourbillonne puis se fige à la surface en une ribambelle de bulles mousseuses.
Une kyrielle de pots de confiture couronnés d’un chapeau de mousseline rayonnent sous la lumière du jour.
La reine du royaume de la mélasse, ma grand-mère, veille sur son trésor comme sur la prunelle de mes yeux alléchés de gourmandise !
Je suis sa fougue turbulente du haut de mes huit ans, elle est ma foudre salvatrice !
Quel ingénieux tour de passe-passe, n’aurais-je pas échafaudé pour voler le précieux butin !
« Bouche à miel et mouche à beurre ! »
Ces mots claironnent dans ma mémoire aujourd’hui comme de savoureuses réprimandes.
Gourmande je suis restée, à qui la faute ?
De mes lointains souvenirs, émane le joli chalet Chézerand, où à jamais sommeille l’alchimie des sirops de fleurs de pissenlits…
« Ainsi reposent les secrets éternels » s’esclaffait mon grand-père ! »
Lui qui s’esquivait aux aurores, la besace débordante de pâtes de coings, lui qui galopait dans ses alpages en quête de plantes médicinales aux pouvoirs bien étranges !
Qui était-il vraiment ?
Je me pose encore la question si ce farceur amoureux des douceurs n’avait pas troqué sa faucille contre la baguette de Merlin l’enchanteur !
Peut-être, suis-je une fée !
Assurément la fée des mots…
Oh ! mon Dieu quel merveilleux cadeau !
« Le grenier de ma grand-mère » MOINE Corinne
« Vous aimerez le grand lit aux boiseries moulurées, la couverture moelleuse tel un cocon douillet, le drap de lin qui gratte. Dans cette chambre feutrée les parfums sont mêlés en poésies douceâtres qui bercent le coucher.
Senteurs encaustiquées du vieux parquet en chêne, parfums de ma grand-mère pêle-mêle : rose musquée, lavande exquise et enivrant bonbon violette.
Trône au milieu de la pièce un royal pot de chambre, tout de bleu émaillé ! Un beau berceau d’osier avec des roues en bois, des poupons malicieux aux joues dodues et roses, si joliment vêtus d’une barboteuse de laine.
Quant à la nuit tombée, vous entendrez gémir d’un long murmure plaintif l’armoire vénérée de notre famille — de méchants rhumatismes dus à l’humidité — alors, à mon grand regret, il nous faudra partir...
« Le grenier de ma grand-mère » Moine Corinne
Belle balade poétique…
Abbaye d'Hautecombe Amélie Anglefort bassy blessure blues bouquet bricelets campagne canivet Challonges chapelet Chapelle du Retord Chaumont Chindrieux château Chésery clarafond-arcine Croix de Penet dorches enfance forêt gargouille globe de mariée glycine Hautecombe Ké Viva Chaumont loup-garou légende missel Motz noël oratoire patrimoine Pouilly poupée Poupée coquelicot Rhône rose Sabine Sicaud seyssel shirin-yoku sylvothérapie Volland Vuache