Les histoires de l’ombre

« Il n’est aucunement de notre ressort de juger l’Histoire, nous devons nous positionner comme des spectateurs du passé en essayant d’en comprendre le pourquoi autant qu’il soit possible avec comme support le contexte historique, les us et coutumes, les croyances, etc… »


Pas si facile me direz-vous !

Effectivement ce n’est pas si facile, parce que nous avons tous/toutes, cette propension à juger les événements du passé avec notre vision du monde actuel, notre culture d’Homme du XXIe siècle et notre propre idéologie. D’autre part, notre émotionnel parle pour nous, rendant encore plus ardu le détachement que nous devrions avoir devant une archive historique pénible à visionner « comme une photo post-morten » par exemple. Nous pouvons également faire preuve d’un esprit très critique face à un document « authentique dérangeant » refusant de croire les faits corroborés par l’Histoire. Force est de constater que même si la source s’avère sûre, notre jugement nous pousse à imaginer une autre vérité plus facile à « digérer » : la dualité humaine me direz-vous ! Et bien que l’Histoire ne soit pas un roman à l’eau de rose, elle n’en reste pas moins captivante et instructive pour bon nombre d’entre nous. Dans 100 ou 200 ans nous ferons partie intégrante de l’Histoire alors nos modes de vie seront passés au crible par d’autres, les mœurs évoluent qu’on le veuille ou pas ! Ce qui prévaut aujourd’hui n’aura plus cours demain ! Essayons d’être les plus magnanimes possible face à l’Histoire et aux histoires qui ont jalonné la vie des générations précédentes.

*Montage réalisé avec photo de famille.



Oui et alors ?

J’ai voulu à travers cette nouvelle rubrique vous apporter des informations complétées par des documents authentiques « parfois en ma possession » sur des us et coutumes anciennes : notre Histoire à tous /toutes, peut-être même l’histoire de vos aïeux qui dort « sans que vous vous en doutiez » dans votre vieil album de famille ! Je ne m’attache qu’à relater des faits/témoignages, mes sources sont étayées de recherches sérieuses. Bien sûr, je vous parlerai aussi d’histoires locales oubliées, car nombre de nos légendes ont un fondement historique…. Il y a encore peu de temps, dans nos campagnes l’Histoire se racontait au coin de la cheminée, la restitution originelle de ces récits s’est progressivement effacée « des mémoires » pour des légendes aux contours fantastiques. Cette transmission orale ancestrale a disparu avec la scolarisation obligatoire ( Jules Ferry 16/06/1881 ), l’accès aux livres, la modernité, etc… Les conteurs faisaient figure de passeurs d’histoires pour « les paysans illettrés » qui voyaient à travers eux une ouverture extraordinaire sur le monde : le monde étant les villages d’à côté ! Enfin je conclurais que l’Histoire est toujours fascinante surtout si elle garde« cachée » une part de son mystère…


« Amélie Carrely de Bassy, baronne de Silans, fille du dernier seigneur de Bassy aimait s’assoir sur une petite excavation naturelle en forme de banc située non loin du cimetière de Bassy,. De ce promontoire elle contemplait le paysage car la vue sur le Rhône était spectaculaire. Jusqu’à ses 90 ans se fut sa balade quotidienne, elle mourut en 1880. L’histoire de cette femme qui vécut presque toujours sur son domaine de Bassy marqua l’esprit des villageois, de son destin naquit une légende. Le folklore populaire parlait jusqu’en 1932 d’une fée étrange qui venait le soir prendre place sur ce banc de pierre… »

« La chetta à la dàma » (La chaise de la dame) Source Paul Dufournet 1976


Pourquoi « Les histoires de l’ombre » ?

Maintes de nos histoires locales dorment dans l’ombre, faute d’intérêt ou parce notre société moderne est de plus en plus tournée vers l’individualisme et le vécu « présent ». Puis il faut se rendre à l’évidence, la restitution intégrale des histoires devient quasi impossible avec le temps qui s’écoule, la mémoire humaine est sélective… Facteur inéluctable : les anciens disparaissent ! Il y a encore quelques années, l’histoire familiale se transmettait sous diverses formes : récits, archives, objets… « J’ai moi-même conservé « par respect » les reliques de guerre de mon grand-père, un ancien poilu de 1914-1918 blessé et gazé à Verdun… ». Cette passation intergénérationnelle était un socle solide sur lequel se bâtissaient les générations futures. Les mentalités changent irrémédiablement pourtant on oublie que l’Histoire se construit à travers les individus… Au cœur de nos cimetières beaucoup de ces gens simples et sans vanité « qui ont œuvré dans l’ombre » sont tombés dans l’anonymat : pour exemple « les époux Fayolle » avait en 1900 cédé leurs modestes lopins de terre aux pauvres villageois de Corbonod. Pas de quête existentialiste comme aujourd’hui, juste des vraies valeurs ce qui tend à rendre les histoires oubliées encore plus émouvantes…

Sépulture « Fayolle » cimetière de Corbonod Ain

*Les photos que vous me confiez sont numérisées et archivées : elles sont notre mémoire historique, notre patrimoine. Vous découvrirez peut-être au détour de mes articles « Comme autrefois » ou « Les histoires de l’ombre » un de vos ancêtres.

*Découvrez dans quelques jours « La mémoire des anges », un voyage au XIXe avec comme toile de fond une bien étrange coutume…

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est le-saule-et-leglantine_logo-3.png.

Rédaction Moine Corinne

*Les photos estampillées LS&L sont soumises à des droits d’auteur.

*Les textes portant un astérisque sont l’entière propriété intellectuelle de la rédactrice.


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