Les visages de pierre
Plaidoyer pour nos cimetières ruraux...
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Dans mes souvenirs d’enfance, à l’abri des frimas, repose un carré de verdure qui ne s’apprivoise pas…
Ivre de soleil et de vent : un bosquet d’orties prêt à en découdre !
Ma grand-mère, férue de botanique, connaissait le moment opportun :
« Vous savez ce moment où le printemps étreint les jeunes pousses, dévoilant à contre-jour le délicat éventail de leurs nervures. »
Sous ses doigts habiles, cédaient une à une, les couronnes d’orties serties de feuilles tendres.
Mes mains, plus hésitantes, découvraient la traitrise de cette hirsute envahissante — petite leçon d’humilité transmise par la nature.
Je ne m’offusquais guère de cette déconvenue « urticante », car de ces orties couchées au fond de mon panier d’osier naîtrait une soupe miraculeuse, dont seule grand-mère détenait le secret.
La soupe de ma grand-mère flattait ma curiosité enfantine.
Autour de la table, nous parlions à mi-mots ; nos silences suspendaient ce précieux moment de partage.
Mes yeux d’enfant, ensorcelés par la convoitise, plongeaient sans retenue dans la soupière en faïence.
Dès la première gorgée, une fugace âpreté submergeait mon palais — ni tout à fait celle des épinards, ni tout à fait celle des prés sauvages.
Puis s’exprimait la rondeur caressante du lait : un ruban de soie blanche entremêlé à ce velours vert éclatant, pâle comme un rayon de lune tombé dans un fourré.
Cette humble soupe exhalait une poésie savoureuse, enveloppant nos cœurs autant que nos âmes.
À chaque lampée, j’engloutissais un fragment de paysage aux intrigants parfums d’herbes froissées.
Ma grand-mère, forgée par les douleurs de la Grande Guerre, me confia un jour, d’un ton digne :
« Il faut parfois accepter les brûlures de la vie pour en apprivoiser la douceur. »
Nos aïeux nous transmettent les mots comme des graines ; quelques printemps plus tard, leur sens a germé.
De cette singulière soupe d’orties, j’ai reçu en héritage : la sagesse, l’humilité et cette indéfectible résilience qui me permet d’appréhender la vie.
« La soupe aux orties » MOINE Corinne

Belle découverte…
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Quel bonheur cette soupe aux orties…❤️❤️❤️
Merci, une histoire savoureuse qui vous met l’eau à la bouche ! Belle cueillette d’orties « avec des gants bien sûr » !!!