Raconte-moi un moulin…

Ancien moulin du hameau d’Héry en Haute-Savoie

Poésies du vent

Le vieux moulin s’agite je vois bien qu’il a froid, plus personne ne s’invite dans sa vie ici-bas. Son meunier est parti pousser les ailes du vent, au grenier des étoiles il y a bien longtemps. Abandonnées ses pierres, son doux plancher chantant, juste de la poussière et de longs fils d’argent. Fini les grains de blé qui roulaient joyeusement, fini les sacs de jute aux très beaux ornements. Sa meule de granit posée nonchalamment sur le mur à la chaux, il y a bien cent ans ! Des ombres furtives s’échappent, peut-être des habitants ? Non juste quelques mulots et petits rats des champs. La glycine court encore et pare d’atouts charmants, le vieux poète de pierre qui pleure en s’endormant. Fidèles oiseaux du ciel viennent le visiter, il ne fait point ombrage il est trop esseulé. Ils chantent pour lui parfois de leurs voix de velours, lui fredonnent à l’oreille de tendres mots d’amour. Il se souvient du temps où il donnait le grain à ses amis du ciel dans un gracieux refrain. Le jour berce calmement le vieux moulin qui dort, on entend son cœur battre sous les souvenirs d’or. On venait de bien loin chercher la bise farine, pour fabriquer le pain à la croûte sublime. Des grains de poésie d’un passé si lointain, c’était ainsi jadis, mon Dieu que c’était bien ! Les beaux joyaux s’envolent puis les années s’affolent, parties puis envolées les vraies choses du passé. Un jour je reviendrai il ne sera plus là, dépouillé de son âme et de son cœur de bois. Plus que des planches éparses, quelques pierres çà et là, égrené le poète que j’aimais tant déjà ! Il aura retrouvé son ami le meunier, ensemble ils tourneront la grande roue enchantée. Les grains d’or des souvenirs aux vents éparpillés, et le ciel comme décor pour mon poète aimé.**

La catastrophe qui a détruit une partie de Notre-Dame de Paris a suscité un élan de générosité sans précédent en France. Pourtant dans nos campagnes, notre patrimoine agonise lentement faute de subventions. Sous la pression immobilière on gomme peu à peu de nos villages : nos monuments symboles de notre identité culturelle et traditionnelle ! Imaginez-vous que dans 200 ans nous fassions disparaître la Tour Eiffel ! Il est fort à parier que les Parisiens réagiraient de la même façon qu’un villageois attaché à son église !

**Conte « Poète du vent » écrit par MOINE Corinne

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Poésie bleue

Fleur de rouille

Volute

Solitude

Refuge

Miroir

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« Tous les rêves de gloire sont éphémères : ne reste que le temps, la rouille et la poussière… »

Moine Corinne

*Photos de cabanons de vignerons prises à Seyssel Ain

*Fermes à l’abandon sur Vulbens Haute -Savoie.

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est le-saule-et-leglantine_logo-3.png.

Rédaction/Photos/Moine Corinne

*Les photos estampillées LS&L sont soumises à des droits d’auteur.

*Les textes sont l’entière propriété intellectuelle de la rédactrice.

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