Un dimanche à la campagne

Poésie d’un soir d’été sur Entremont Clarafond-Arcine

Aussi loin que je me rappelle…

 En hommage à Roger qui aimait son hameau de Bange plus que tout…

Dans mes souvenirs d’enfant, valsent les grelots silencieux des campanules et le port altier des roses trémières. Aussi loin que je me rappelle les saules pleuraient le long des ruisseaux, des liserons aux trompettes triomphantes habillaient les murailles des cimetières et les fleurs des tilleuls embaumaient la place du marché ! Au printemps à l’horizon des villages l’hirondelle faisait toujours le printemps. Les flonflons des kermesses se mêlaient aux feux de la Saint-Jean et les premiers jours de mai glorifiaient la procession des communions. Sous la majesté des platanes, les fontaines nous chuchotaient des légendes étranges léguées par les anciens.

Aussi loin que je me rappelle sur les masures rampaient des glycines aux grappes éclatantes et la vigne vierge s’enchâssait dans la pierre. Juin s’embellissait d’hortensias aux pompons extravagants et le triste novembre s’éclairait des collerettes d’or des chrysanthèmes. Pommiers, poiriers et cognassiers ondulaient au verger dans la fraîcheur odorante de la menthe sauvage. Qu’il était bon de s’étourdir de la rosée matinale empreinte de l’amertume des pommes reinettes et des quetsches savoureuses ! Rhubarbe, cassis et groseilles à maquereaux s’affalaient au jardin parmi les œillets de poète, les soucis et d’imposantes citrouilles. De cet apparent désordre émergeaient des touffes d’orties hirsutes et des ronces traîtresses ! Mes mollets d’aventurière partie à l’assaut des fruits aux couleurs exquises n’y ont jamais résisté.

Aussi loin que je me rappelle, les pluies tièdes d’été regorgeaient d’indicibles parfums. Sous les lumières moites d’août, les gerbes de blé tapissaient les vallons d’une vision féerique et les chars de foin dodelinaient sur les terres jusqu’à la nuit tombée. On se couronnait de bleuets, de coquelicots et d’épis pour sceller la fin des moissons comme sous le ciel d’antan quand les moulins battaient leurs voiles de géants dans la course du vent. L’appel de l’angélus courait à travers champs, entre jours heureux et mauvais jours entre allégresse et tristesse. La flèche en ardoises du clocher suffisait à émerveiller mes yeux, des émotions envolées comme les fumerolles de cet encens mystique dont ma robe blanche des dimanches de prêches, s’imprégnait si longtemps. Alors, bien souvent quand une plaine immense s’étire devant mes yeux je suis entraînée vers ces souvenirs ineffaçables… Sur les sentiers aux broussailles ébouriffées lorsqu’une lueur enfantine m’accompagne, alors oui je vous l’avoue du fond du cœur, je me moque éperdument des choses d’aujourd’hui !

« Aussi loin que je me rappelle… » écrit par MOINE Corinne

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Hameau de Bange au bord du Rhône

Églantier au prés

Guirlande végétale

Ombelle de sureau

Regard

La cabane à Roger à Bange

Paroles de pierres

Lumières poétiques

Le Rhône sous le hameau de Bange

Un soir d’été sur Entremont

Entremont et Bange sont localisés sur Clarafond-Arcine commune de Haute-Savoie

Prochain article « Les visages de pierre », entre poésie et nostalgie je vous emmène avec moi visiter quelques cimetières de campagne…

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est le-saule-et-leglantine_logo-3.png.

Rédaction/Photos Moine Corinne

*Les textes sont l’entière propriété intellectuelle de la rédactrice.

*Les photos estampillées LS&L sont soumises à des droits d’auteur.

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