Le printemps annonce la couleur

Conte en sous-bois…

C’est le grand ménage de printemps… les fées sont à l’ouvrage pour raviver la flamme sauvage des sous-bois. Pas question de rater l’événement ! On fait la poussière à tous les étages, les arbres bougonnent, un vieux coucou ronchonne mais tant pis ! Les mésanges charbonnières chantonnent en secouant leurs plumeaux dans une cacophonie printanière. Les papillons caracolent sur une brise complètement folle, partout c’est l’agitation.

L’ail en folie en a perdu ses ours, aïe, aïe, aïe ! L’escargot fait triste mine sa coquille est un peu grise pour la saison ! Le soleil joue les seigneurs réchauffant de ses rayons les grands chênes un peu grognons. Puis voilà tout un escadron de très beaux champignons qui agitent leurs chapeaux en signe de protestation :

ils ont déjà attrapé des coups de… soleil !

Partout chez fée Nature c’est l’euphorie des grands jours, les yeux pétillent devant tant d’excitation, envolée la neige qui brille on a gagné la jonquille ! La poésie végétale du printemps explose en des couleurs fascinantes, des pastels sur fond de rose, de splendides rouge amarante voire même une teinte enflammée pour le cyclamen forestier. La lumière fête son retour, suivie des parades d’amour, le printemps joue cupidon tout au fond des grands buissons.

L’anémone fredonne en agitant sa couronne « qui m’aime me suive » ! Notre téméraire bourdon en perd même son pantalon ! Les abeilles jouent les guerrières en astiquant leurs chaumières « va falloir butiner dur ! » disent-elles sur un drôle de ton.

Et voilà comment le fringuant prince printemps souffle ses teintes de folie, pour redonner l’euphorie aux sous-bois endormis.**

**« Conte en sous-bois » écrit par MOINE Corinne


Voici une liste des plantes utiles aux abeilles : ici

Photos réalisées à Bange Clarafond-Arcine Haute-Savoie


À Léon, mon grand-père…

M’asseoir encore à tes côtés sur les talus de campagne, glisser ma main dans la tienne et se dire que le temps qui passe n’a plus d’importance… Plonger dans ton regard émerveillé à la vue des abeilles qui s’affairent afin que vive le Monde. C’est toi grand-père qui m’as appris que la nature fait grandir l’Homme et que celui qui l’ignore est un fourbe ! Sais-tu grand-père qu’aujourd’hui les abeilles se meurent par milliers et qu’à travers leurs ballets funèbres, le fourbe entrevoit les ténèbres de son inhumanité…

Extrait « L’envers du décor » Moine Corinne

Rédaction/Photos/Moine Corinne

*Les photos estampillées LS&L sont soumises à des droits d’auteur.

*Les textes sont l’entière propriété intellectuelle de la rédactrice.

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Flanker
Flanker
5 juin 2018 21 h 22 min

Toujours de très beaux poèmes, une balade émouvante dans les sous-bois, il suffit de fermer les yeux et se laisser bercer par ces mots si bien placés….