Le pays d’où l’on ne revient jamais

La porte du royaume interdit !

À la veille de Toussaint le petit monde des ombres insondables est en liesse… D’ailleurs ne sentez-vous pas comme un parfum troublant qui s’attarde sous les rayons de la lune ? Un ciel étrange vagabonde sur les lueurs écarlates de cette nuit d’automne. L’hiver arrive à pas de loup, dans un tourment glacial, si glacial d’ailleurs qu’il fait frissonner l’horizon d’obscurs présages. Sous les nuées au bleu d’acier, je sais que les fées se fardent de leurs couleurs argent pour accompagner le maître de cérémonie Halloween, de vives festivités ou des funestes desseins. Prenez garde ! Vous, esprits mal attentionnés si l’envie de pousser la porte du royaume interdit taraudait votre esprit ! Vous mettriez en colère ces diaphanes effrontées surtout si elles sautillent en cercles sous les haies avec l’ivresse des jours sombres !

Sur des coursiers étincelants, mi-chevaux, mi-chimères, elles caracolent entre les branches et les bruyères obscurcies des lumières lugubres d’octobre. Dans les méandres noirâtres des sous-bois, les gracieuses petites sorcières dansent une sarabande troublante sur les vagues brunes des feuilles sèches délaissées par la bise. On raconte depuis la nuit des temps, qu’avec leurs rires cristallins d’enfants, elles muent les Hommes en pierre, transformant leurs vies mortelles en chagrins éternels. Alors mieux vaut ne pas observer leur manège durant la nuit brûlante d‘Halloween, car la curiosité perfide qui enchante déjà votre esprit vous portera pour toujours sans espoir de retour : au pays d’où l’on ne revient jamais... Triste destin pour le pauvre humain, que vous étiez !**

**Conte « Le pays d’où l’on ne revient jamais »écrit par MOINE Corinne


Perchée sur son promontoire rocheux dominant le Rhône, l’église de Bassy* a conservé son cimetière qui s’enroule autour de ses murs en une procession de sépultures parfois très anciennes.

Une curieuse légende liait le fleuve emblématique au lieu, elle fut relatée par l’instituteur de Bassy dans une enquête de « L’Académie Florimontane d’Annecy » en date du 30 septembre 1864 qui recensait à l’époque des sites archéologiques (pierres/roches) auxquelles étaient liés des superstitions anciennes. L’instituteur en question nomma le fameux rocher en ces termes : « Le Roc de la Baille » et précisa qu’il y avait un trou qui permettait d’accéder au Rhône.

Il raconta alors une bien curieuse légende : un passage souterrain ( probablement situé dans la roche sous le cimetière ) communiquait avec « le monde des vivants » permettant aux âmes défuntes de traverser pour se désaltérer dans les eaux du fleuve. Cette légende n’avait plus cours en 1925, elle était même qualifiée de mensongère et peu “orthodoxe” d’après les villageois.

La topographie géographique du lieu laisse à penser qu’une cavité très ancienne « qui pouvait être une grotte/ faille/fissure » serait à l’origine de la légende, mais la végétation, les modifications géologiques (éboulements) ont certainement changé le paysage surtout après autant d’années.

*Le village de Bassy est localisé en Haute-Savoie

« Les morts vagabonds de Bassy » Paul Dufournet 1976

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est le-saule-et-leglantine_logo-3.png.

Rédaction Moine Corinne

Photos by Anita Austvika on Unsplash

*Les photos estampillées LS&L sont soumises à des droits d’auteur.

*Les textes sont l’entière propriété intellectuelle de la rédactrice.

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