Confidences de chineuse

Poésie de fleurs séchées

Gazette du 15 novembre 2021

Vive les vieux trucs de mamie !

Les objets anciens ont parfois mauvais caractère ! Mais c’est sans compter le mien : jovial mais bien trempé ! Les remettre au goût du jour : pas si évident ! Il faut parfois tenter des expériences peu concluantes et admettre après maintes tentatives infructueuses, que le résultat n’est pas à la hauteur de ce que nous avions imaginé !

« Mais comment donner une touche de modernité à ce vieux truc de mamie démodé ? »

Enfin la bonne idée émerge de notre esprit… Bingo !!! Mais pourquoi n’y avait-on pas pensé plus tôt ? Nous voilà donc transfiguré en Géo Trouvetou du meuble « reloud » !!!

Ouf ! La vieille commode ventrue nous en a fait voir de toutes les couleurs mais nous avons gagné la partie contre cette redondante rebelle qui refusait d’abandonner son vernis de bourgeoise décalée. Nous voilà fière comme un paon faisant la roue, devant un résultat aussi évident ! Le noir onyx sied à ravir à Madame, on en oublierait presque ses rondeurs imposantes ! Un nouveau « régime » décapant qui lui donne un sérieux coup de jeune. « Dieu merci ! » nous avons échappé au pire : l’overdose de grignotage compulsif !

Fin de l’histoire, mais nous en avons tant d’autres à revoir au fond de nos placards !

Alors oui ! Vive les vieux trucs de mamie !

Rédaction MOINE Corinne

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Vierge ancienne « Notre Dame de Lourdes » en régule

Vierge patinée en bleu Gustavien

Création autour d’une image pieuse

Vierge en prière avec décor de roses séches


Authentique globe de mariée

Le globe de mariée était le cadeau de mariage par excellence jusqu’au milieu du XIX e siècle, une tradition « oubliée » commune à beaucoup de nos aïeux. On y exposait le bouquet de mariée/couronne aux fleurs de tissu, pour éviter la poussière. À l’origine ce dôme en verre servait à protéger les horloges, il trouva donc un second emploi. Cette bulle au décor naïf se composait de diverses façons, mais ne vous y trompez pas, chaque détail soigneusement mis en scène est en fait un message « subliminal ». Chez nos anciens rien ne relevait du hasard tout était très codifié…

Dans cette interprétation, on remarque que la colombe emblème de l’amour éternel porte en son bec la couronne nuptiale, les feuilles de vigne symbolisent la fécondité. Le coussin matelassé au velours rouge se nomme « calotte », ici les surpiqûres sont ouvragées avec de minuscules marguerites, cette fleur faisait référence à l’innocence, la pureté… Les fleurs d’oranger classiquement reliées à la virginité pouvait être naturelles, mais les revisites plus tardives en cire/soie remplacèrent ces fleurs séchées fragiles et éphémères. Le petit miroir symbolisme magique de l’entre deux mondes (vivant/mort) protégeait du mauvais sort, n’oublions pas que les anciens étaient très superstitieux.

Colombe portant la couronne de mariée

D’autres menus objets comme des mèches de cheveux d’enfants/chapelets de communion/etc, prenaient place dans le globe au fur à mesure des événements (heureux/malheureux) qui jalonnaient la vie du couple. À partir de 1914, la tradition a périclité, en posséder un intact/complet, aujourd’hui est assez rare. Ces objets anciens aux décors naïfs sont très prisés des collectionneurs… En tant que chineuse, j’y vois une magnifique interprétation « visuelle » de l’histoire de famille… Une tradition d’une époque révolue mais au combien poétique…


Je vous invite donc à écouter ces mots magnifiques et émouvants qui relatent l’Histoire de cette sublime cloche en verre, vestige de notre patrimoine… Désormais, lorsque vous verrez cet objet symbole de vie et d’amour, nul doute que vous le regarderez avec d’autres yeux….


Gazette du 15 novembre 1927

Mais quel goût maladif ont donc les gens à notre époque pour les choses d’une époque précédente, pour tout ce qui est vieux, pour tout ce qui a déjà servi ? Une dame vous montre sa bonbonnière avec orgueil et vous dit : « Elle est ancienne, vous savez ! Remarquez qu’en l’occurrence qu’aucune n’a l’idée de vous montrer son vieux mari et de vous dire en s’écriant : « Il est ancien ! » Ainsi vous paierez un vieux meuble dix fois plus que le neuf à la condition expresse qu’il ait servi au grand-père de n’importe qui ! Si nos descendants ont le même goût que nous pour les objets anciens, ils meubleront leurs appartements d’ici cent ans avec de déplorables résidus. Un vieux collectionneur aura chez lui « à dire d’experts » un petit téléphone ayant appartenu à une certaine Madame Millet, l’objet paraîtra touchant, ridicule et désuet… Les visiteurs interloqués diront alors : « Et ils téléphonaient avec ça ! » La manie de la brocante réserve de bien jolies surprises aux générations futures !

Extrait d’un journal féminin de 1927 « Collection personnelle »


Commode bordelaise modernisée façon baroque/chic


Superstition de brocanteur

Sur les étales des brocanteurs point de représentations du paon, l’oiseau à la roue mystique n’a pas le vent en plume ! Flanqué du mauvais œil murmure-t-on à demi-mots ! L’oiseau fantasque semble victime de sa lointaine légende, la déesse grecque Héra sacrifia l’Argus géant « un magistral faisan » pour donner ses yeux, au paon. Des yeux au nombre de 100 qui voyaient le passé, le présent et l’avenir. Mais quelle cruelle histoire !

Bon un peu de discernement, il ne s’agit que d’une légende !

Nota bene : le dessin en forme d’oeil sur la plume du paon s’appelle un ocellle

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est le-saule-et-leglantine_logo-3.png.

Rédaction/Photos/ Moine Corinne

*Les photos estampillées LS&L sont soumises à des droits d’auteur.

*Les textes sont l’entière propriété intellectuelle de la rédactrice.

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